Dans une interview accordée en langue mooré et diffusée sur la RTB3 le dimanche 24 novembre 2025, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a présenté les priorités de la gouvernance actuelle. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les réformes engagées depuis l’arrivée au pouvoir du Capitaine Ibrahim Traoré, dans une dynamique de refondation au service du peuple. Cette intervention a permis de clarifier la vision de la « Révolution Progressiste Populaire (RPP) », de faire le point sur la situation sécuritaire, économique et sociale du pays, et de répondre à plusieurs préoccupations nationales.
Nous vous proposons le résumé de son intervention.

Une révolution enracinée dans les valeurs nationales
Le Premier ministre a ouvert son propos en exprimant sa reconnaissance au Président du Faso pour la confiance placée en lui depuis plus de onze mois. Il a souligné que la Révolution Progressiste Populaire (RPP) ne s’est pas improvisée, mais s’inscrit dans une continuité politique amorcée dès la prise de pouvoir du capitaine Traoré. Cette révolution, a-t-il expliqué, repose sur des principes fondamentaux : droiture, intégrité, rigueur et valorisation des ressources nationales. « Il faut que nous sachions que tout se trouve au Burkina Faso », a-t-il insisté, appelant à la confiance en soi et à l’exploitation des potentialités locales.
La reconquête du territoire comme priorité absolue
Sur le plan sécuritaire, le chef du gouvernement a rappelé que la reconquête du territoire national reste la priorité du Président du Faso. Il a évoqué les efforts déployés pour renforcer les capacités opérationnelles des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), notamment à travers l’acquisition de nouveaux équipements militaires. Il a salué le courage et le sacrifice des VDP, qui ont permis de libérer plusieurs localités et de favoriser le retour progressif des populations déplacées.
Cependant, il a alerté sur les soutiens extérieurs dont bénéficient les groupes terroristes, en matière d’armement, de renseignements et de technologies comme les drones. Malgré ces défis, il s’est montré résolument optimiste : « Nous allons vaincre », a-t-il déclaré. Il a également dénoncé la désinformation véhiculée par certains médias étrangers, en décalage avec la réalité vécue sur le terrain.
Vers une souveraineté sur les ressources
Le Premier ministre a ensuite abordé les réformes économiques en cours, notamment dans le secteur minier. Il a mis en avant la création de la Société nationale des substances précieuses (SONASP) et la réforme du code minier, qui visent à renforcer le contrôle de l’État sur les ressources naturelles. Selon lui, l’interdiction par les autorités d’exporter de l’or brut pour traitement à l’étranger a mis en évidence l’ampleur des pertes économiques que cette pratique engendrait pour le Burkina Faso. Désormais, grâce à cette mesure, le pays parvient à mieux maîtriser ses ressources et à en tirer davantage de bénéfices.
Le Premier ministre a également abordé le rôle de l’Agence pour la promotion de l’entrepreneuriat communautaire (APEC), en apportant des assurances quant à la gestion des contributions citoyennes. Selon lui, ces fonds sont mobilisés pour le financement de projets industriels, notamment l’ouverture d’usines, dont les retombées économiques devraient bénéficier aux actionnaires à moyen terme.
Foncier, encadrer pour mieux réguler
Concernant la question foncière, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a tenu à rassurer les citoyens face aux préoccupations suscitées par le décret relatif à la constatation de la non mise en valeur des terrains. Il a précisé que cette mesure vise essentiellement à lutter contre les ventes désordonnées de parcelles et à prévenir les conflits liés au foncier. Il ne s’agit nullement de déposséder les propriétaires légitimes, mais plutôt de faire respecter les dispositions en vigueur. À ce titre, il a indiqué que plus de 40 % des parcelles attribuées ne sont toujours pas mises en valeur, en dépit de l’obligation de le faire dans un délai de cinq ans. Avant toute procédure de retrait, des pénalités seront appliquées conformément aux textes en vigueur.
Discipline publique, le rôle de la brigade Laabal
Il est revenu sur la mission de la brigade Laabal, instaurée pour renforcer la discipline, assurer la propreté et promouvoir la droiture dans les espaces publics. Il a évoqué une intervention menée à Sankar Yaaré, au cours de laquelle l’arrestation d’un trafiquant de drogue a provoqué des tensions parmi certains commerçants. Il a indiqué que les fauteurs de troubles seront sanctionnés, réaffirmant la volonté du gouvernement de garantir l’ordre et la sécurité dans les lieux publics.
Lutte contre la mendicité, un appel à la responsabilité
Évoquant le phénomène de la mendicité, le Premier ministre a souligné qu’aucune confession religieuse ne l’encourage. Il a appelé chaque citoyen apte au travail à faire preuve de responsabilité et de dignité en s’efforçant de subvenir à ses besoins par ses propres moyens, plutôt que de recourir à la mendicité dans l’espace public.
AES, une coopération régionale dynamique
Enfin, le Premier ministre s’est exprimé sur le fonctionnement de l’Alliance des États du Sahel (AES), assurant que la libre circulation des personnes et des biens reste effective entre les trois pays membres. Il a dénoncé les fausses informations relayées à l’étranger, notamment sur une prétendue pénurie de carburant au Mali, qu’il a qualifié de tentatives de déstabilisation.
Un appel à la mobilisation nationale
Pour conclure, le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a adressé un appel solennel à l’ensemble des Burkinabè en ces termes : « Restons debout et confiants, car nous avons choisi la bonne voie. Ce que nous avons entrepris est déjà considérable. Mobilisons-nous pour reconquérir l’intégrité de notre territoire national ».
Par Aconews