Insécurité en Haïti: Les États-Unis et le Canada conseillent leurs ressortissants de quitter le pays

Haïti continue de s’enfoncer dans la crise : l’emprise des gangs sur le pays s’accélère et la pénurie de carburants causée par cette insécurité paralyse considérablement les activités. 

Dans un message envoyé mercredi à ses citoyens se trouvant en Haïti, l’ambassade du Canada à Port-au-Prince recommande à ceux dont la présence n’est pas essentielle de quitter le pays. Washington a émis une alerte similaire quelques heures plus tard en exhortant ses ressortissants à planifier leur départ dès maintenant. Il serait « peu probable » qu’elle puisse les aider s’il venait à ne plus y avoir de vols commerciaux, prévient-elle. 

Ces recommandations surviennent alors que le pays est confronté à un climat d’insécurité extrême. Les gangs qui contrôlent une bonne partie de la capitale bloquent les axes routiers qui conduisent aux terminaux pétroliers, perturbant depuis plusieurs mois l’approvisionnement en carburant.

Or, sans pétrole, pas d’électricité. La compagnie publique d’électricité n’a jamais pu répondre aux besoins de la population, si bien que ceux qui le peuvent se sont équipés de générateurs qui fonctionnent avec du carburant. Avoir du courant en permanence a toujours été un luxe réservé à une minorité en Haïti, rappelle notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron. Ça l’est encore plus aujourd’hui : au marché noir, un bidon de carburant se vend souvent 10 fois le prix légal. 

Dans ce contexte économique intenable, les hôpitaux, les banques, les médias et les compagnies de téléphonie ont déjà considérablement réduit leurs activités.

On est passés à trois jours de publication par semaine, on a réduit aussi la présence des journalistes et des employés. «Le Nouvelliste» a encore un stock d’essence, mais il est en train de s’épuiser.

Frantz Duval, rédacteur en chef du «Nouvelliste»

Longtemps cantonnées aux quartiers pauvres de Port-au-Prince, les bandes armées ont, ces derniers mois, étendu leur contrôle et multiplié les enlèvements crapuleux. Un des gangs les plus puissants du pays a menacé de tuer le groupe de missionnaires et de membres de leurs familles – 16 citoyens américains et un citoyen canadien – enlevés le 16 octobre à l’est de la capitale, s’il n’obtenait pas les 17 millions de dollars américains de rançon exigés.

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