Le gouvernement burkinabè s’active pour organiser le retour de ses ressortissants expulsés de Guinée. Selon le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, une centaine de bus ont été mobilisés, dont 50 sont déjà en route sur le territoire malien. Il déplore toutefois une opération menée sans information préalable des autorités burkinabè et maliennes, qui aurait fait plusieurs blessés parmi les compatriotes concernés.

Face à l’expulsion des orpailleurs burkinabè de la Guinée Conakry, les autorités du Burkina Faso ont engagé des mesures d’urgence pour faciliter le retour de leurs compatriotes dans les meilleurs délais.
En parallèle, des sites d’accueil ont été identifiés au Burkina Faso pour recevoir les ressortissants concernés. Le dispositif prévoit également de faciliter leur retour dans leurs familles respectives, dans le cadre d’une prise en charge organisée par les autorités.
Le ministre Mahamadou Sana, « sans langue de bois », a déploré les conditions dans lesquelles cette opération a été menée, regrettant notamment qu’elle ait été engagée sans concertation préalable avec les pays concernés.
« En aucun cas, ni les autorités maliennes, ni les autorités burkinabè n’ont été informées à l’avance de cette opération », a-t-il déploré.
Pour le ministre, une opération de cette envergure aurait dû faire l’objet d’une planification rigoureuse, incluant une évaluation de ses conséquences humaines, sociales et sécuritaires. L’absence d’anticipation, selon lui, n’a pas permis aux autorités concernées de prendre les dispositions nécessaires avant le déclenchement de l’expulsion.
Au-delà des difficultés logistiques liées au rapatriement, le ministre de la Sécurité a également fait état de remontées particulièrement préoccupantes sur le déroulement de l’opération.
« Nous avons enregistré des blessés. Même parfois des blessés par balles », a-t-il révélé, estimant que ces faits laissent présumer que certains compatriotes auraient subi des traitements cruels, inhumains et dégradants.
Mahamadou Sana a qualifié la situation de « déplorable et regrettable », soulignant la nécessité de dénoncer ces conditions, d’autant plus qu’elles concernent des ressortissants d’un pays frère.
Malgré les circonstances difficiles, le ministre a tenu à exprimer la reconnaissance des plus hautes autorités burkinabè envers le Mali et son peuple pour l’assistance apportée aux compatriotes depuis le début de cette situation.
Il a salué les efforts des autorités maliennes et de la population qui ont contribué à soulager les ressortissants burkinabè en difficulté sur leur territoire.
Dans l’immédiat, la priorité des autorités burkinabè demeure l’organisation d’un rapatriement sécurisé, digne et ordonné, ainsi que l’accueil des compatriotes dans leur pays, en attendant que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette opération d’expulsion.
Source : ACONEWS