L’inauguration officielle du mausolée Thomas Sankara s’est tenue dans l’après-midi de ce samedi 17 mai 2025 à Ouagadougou, au sein du Mémorial éponyme. La cérémonie a connu la participation du premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko, du premier ministre du Tchad Allah-Maye Halina et autres.

Ce haut lieu de mémoire nationale, érigé sur le site historique du Conseil de l’Entente, matérialise à la fois la mémoire du président révolutionnaire et les idéaux qu’il a porté.
Conçu en forme d’œil, le Mausolée Thomas Sankara frappe par la puissance de sa symbolique. Les segments de cercle, hauts de plus de 7 mètres, s’élèvent tels des sentinelles silencieuses autour d’une rampe monumentale et de marches descendantes, représentant les treize martyrs couchés du 15 octobre 1987. En son centre repose Thomas Sankara, entouré des tombes de ses douze compagnons, réparties de part et d’autre selon un tirage au sort : six à gauche, six à droite.
L’édifice est orienté au sud, selon une lecture solaire de la vie : celle-ci commence à l’est, avec le lever du soleil, et s’achève à l’ouest, au coucher. Arrachés à la vie avant le temps, Sankara et les siens n’ont pas atteint le couchant : leur repos est symboliquement tourné vers le sud, entre mémoire et avenir.
Le plafond du mausolée laisse passer la lumière à travers treize persiennes, filtrant les rayons du soleil en une clarté tamisée. Ces ouvertures symbolisent à la fois les âmes disparues et le vide qu’elles ont laissé dans la mémoire collective.
Bâti en blocs de terre comprimée – un matériau traditionnel renforcé à l’extérieur par des blocs de latérite taillée – le Mausolée incarne la philosophie de Sankara : autonomie, sobriété, et valorisation des ressources locales. Cette architecture durable, bien adaptée au climat sahélien, traduit une volonté d’aligner la mémoire sur les valeurs défendues par le président révolutionnaire.
L’esplanade qui entoure le site est soutenue par des murailles de rétention en granite condensé, créant un équilibre harmonieux entre modernité et savoir-faire vernaculaire. Le tout dessine une esthétique résolument enracinée, mais tournée vers l’avenir – à l’image du Burkina Faso rêvé par Sankara.
Le site, d’une superficie de 20 hectares, ne se limite pas au seul mausolée. Il intègre un ambitieux projet mémoriel : une tour de 87 mètres de haut, une Maison des mémoires, un musée, une bibliothèque-médiathèque, une salle d’exposition, un Flambeau de la Révolution, une salle polyvalente et des ateliers d’innovation. Le Mémorial entend devenir un centre de recueillement, d’éducation citoyenne, de transmission culturelle et de rayonnement des idéaux de la Révolution Démocratique et Populaire.
Érigé sur le lieu même de l’assassinat du président Sankara et de ses compagnons, le Mémorial Thomas Sankara constitue aujourd’hui un repère national et africain. Il rappelle que les rêves d’émancipation, de dignité et d’intégrité portés par le « Che africain » ne sont pas morts. Ils prennent désormais racine dans la pierre.
Par Aconews