AES-CEDEAO : Dakar ouvre une nouvelle page du dialogue au nom des peuples ouest-africains

La Confédération des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) amorcent une nouvelle étape de leurs relations. Réunies ce samedi dans la capitale sénégalaise, les deux organisations ont engagé leurs premières négociations formelles, avec une ambition affichée : dépasser les divergences, préserver les liens historiques entre leurs populations et rechercher des solutions fondées sur leurs intérêts communs.

La rencontre rassemble des ministres des Affaires étrangères, des experts et plusieurs représentants d’organisations régionales et internationales. La cérémonie d’ouverture a été coprésidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, représentant l’AES, et son homologue sénégalais, au nom de la CEDEAO.

Au cœur de cette initiative se trouve une question essentielle : comment maintenir une coopération régionale efficace dans un contexte marqué par des orientations politiques et institutionnelles différentes ?

Pour la délégation de la Confédération AES, le dialogue doit reposer sur la franchise, la sincérité et le respect de la souveraineté des États. Karamoko Jean Marie Traoré a clairement indiqué que les intérêts des peuples doivent constituer le principal repère de ces discussions.

« Nous sommes là pour avoir un débat franc, sincère et objectif, en ayant comme curseur principal les intérêts des peuples de la Confédération AES et de l’espace CEDEAO », a-t-il affirmé.

Le ministre burkinabè a ainsi rappelé que les relations entre les deux espaces ne sauraient être réduites à leurs seules structures institutionnelles. Elles reposent également sur un héritage historique, des échanges économiques et des liens humains qui traversent les frontières.

Le médiateur en chef de la CEDEAO auprès de l’AES, Lansana Kouyaté, a, pour sa part, appelé les délégations à faire de cette rencontre un « arbre à palabres », symbole africain de dialogue et de sagesse. L’envoyé spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a également salué cette démarche, estimant qu’elle illustre la capacité des Africains à rechercher des solutions à leurs propres défis. Les Nations unies ont, de leur côté, exprimé leur disponibilité à soutenir l’initiative.

Les travaux doivent notamment porter sur la libre circulation des personnes et des biens, les infrastructures, le développement, la coopération sécuritaire ainsi que les questions juridiques et institutionnelles.

Au-delà des déclarations de principe, le défi sera désormais de traduire cette volonté politique en mesures concrètes, capables de préserver les échanges et de répondre aux préoccupations quotidiennes des populations.

À Dakar, l’AES et la CEDEAO ouvrent ainsi un espace de discussion dont la portée dépendra de la capacité des deux parties à transformer leurs différences en possibilités de coopération, dans l’intérêt des peuples ouest-africains.

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