La Haute Autorité de la Communication (HAC) de Guinée a pris, les 16 et 17 septembre 2026, des mesures à l’encontre de deux médias français, Jeune Afrique et France 24. Le régulateur reproche notamment à ces médias des manquements dans le traitement de l’actualité guinéenne.
Le 16 septembre, la HAC a retiré l’accréditation du correspondant de Jeune Afrique en Guinée, Mamadou Diawo Barry. Elle lui reproche des manquements professionnels dans le traitement de l’information relative à l’actualité nationale.
Le même jour, France 24 a été mise en demeure de cesser l’usage de termes que la HAC juge attentatoires à la dignité du chef de l’État, Mamadi Doumbouya, et de procéder aux rectifications nécessaires. Le régulateur conteste notamment l’emploi du terme « putschiste » pour désigner le président guinéen.
Selon la HAC, France 24 n’aurait pas donné suite à cette mise en demeure. Réunie en séance extraordinaire jeudi 17 septembre, l’autorité a donc décidé d’interdire, avec effet immédiat, la diffusion de la chaîne sur l’ensemble du territoire guinéen.
La mesure concerne tous les modes de diffusion, notamment le satellite, le câble, les applications mobiles, les sites internet et les réseaux sociaux. L’autorisation de diffusion de France 24 en Guinée est également révoquée.
La HAC a, par ailleurs, demandé à l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) de procéder au blocage des accès numériques à la chaîne. Canal+ Guinée est également sommé de couper son signal.
Les accréditations des correspondants, envoyés spéciaux et collaborateurs de France 24 présents en Guinée sont en outre retirées avec effet immédiat.
Ces décisions interviennent dans un contexte où plusieurs pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, ont déjà pris des mesures à l’encontre de Jeune Afrique et de France 24. La Guinée rejoint ainsi ces pays dans leurs restrictions visant les deux médias.
