Le Burkina Faso a inauguré vendredi l’Institut de l’Enseignement Militaire Supérieur Tiéfo Amoro (IEMS-TA), sa première École de guerre, avec une promotion inaugurale de quinze officiers, tous du grade de lieutenant-colonel.
Les auditeurs suivront une formation d’un an baptisée « Expérience Nationale face aux menaces et Adaptation des Forces », à l’issue de laquelle ils obtiendront une double certification : un brevet de l’École de guerre et un Master II dans leur domaine de spécialité.
Une formation voulue par la présidence
Le commandant de l’institut, le Colonel-major Céleste Moussa Coulibaly, a rappelé que cette initiative répond à une instruction donnée par le président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, en décembre 2025 : tirer parti du contexte sécuritaire actuel pour développer l’outil de défense national.
D’ici août 2027, les officiers formés devront être en mesure d’analyser des environnements complexes, de concevoir des campagnes militaires et de traduire des orientations politiques en manœuvres opérationnelles, a-t-il précisé.
« Une armée capable de penser par elle-même»
Coulibaly a insisté sur l’ambition portée par cette École : former des chefs à l’aise dans des contextes interarmées et interministériels, dotés d’une solide culture en relations internationales et en sciences politiques.
« Le Burkina Faso ne se contentera pas de grands chefs d’une Armée courageuse, il exigera une Armée qui soit à la fois courageuse, compétente, instruite, hautement disciplinée, loyale, patriote, adaptable et, par-dessus tout, capable de penser par elle-même », a-t-il déclaré.
Un enjeu de souveraineté stratégique
Le discours du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, lu par le chef d’État-major général des armées, Moussa Diallo, a présenté cette ouverture comme une étape majeure dans la construction d’une pensée stratégique nationale.
« Dans le domaine militaire, la souveraineté implique une exigence : celle de disposer de cadres capables de penser et de conduire la défense nationale à partir de notre propre environnement stratégique », a affirmé le chef du gouvernement, appelant à construire un modèle adapté aux réalités burkinabè.
